| | | Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] | |
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Luciole Ange des chemins à l'abricot

Nombre de messages: 2218 Où je traîne: lune Date d'inscription: 05/10/2004
 | Sujet: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Lun 24 Mar - 16:26 | |
| L'alouette ~ Jean Anouilh ~ Il y a des mythes dont on reste fort éloigné, pas volontairement mais juste parce que l'occasion manque. Vous connaissez Jeanne d'Arc ? Moi je la connaissais un peu, pas beaucoup du tout à lire ce livre.  Pièce de théâtre donc, qui met en scène le procès de Jeanne. Pendant lequel elle doit en faire raconter et mimer de nouveau toutes les principales étapes de sa vie, en tout cas celles qui l'ameneront à être condamnée à mort. On assiste à ce procès/récit en observant aussi les comportements divers de ses spectateurs/acteurs, l'inquisiteur obtu et calculateur, la famille dépassée par l'aspect politique des conversations, l'advenu qui prends petit à petit pitié de Jeanne... ___________________________________________________ Jeanne
[...] Il faut que ça travaille là dedans. Toi, qui es intelligent, tu le sais mieux que moi.
Beaudricourt
Je l'ai toujours dit. On ne pense plus assez, de nos jours. Vois mes lieutenants ; des brutes, toujours prêts à cogner, c'est tout. Maix ceux qui pensent, personne ne songe à les utiliser.
Jeanne
Personne. C'est pourquoi il faut qu'ils y pensent eux-mêmes, entre autres pensées. Or, justement, toi qui penses, un beau jour, tu as une idée. Une idée géniale et qui peut sauver tout.
Beaudicourt, inquiet.
J'ai une idée ?
Jeanne
Laisse venir. Tu es en train de l'avoir. Dans ta tête, où ça va vite et où ça se met en ordre tout de suite, tu fais le point en ce moment. Tu n'en as pas l'air, c'est ce qui admirable en toi, mais tu fais le point. Tu es en train d'y voir clair. C'est malheureux à dire mais, en France, en ce moment, il n'y a que toi qui y vois clair !
Beaudicourt
Tu crois ?
Jeanne
Je te le dis.
Beaudicourt
Et qu'est-ce que je vois ?
Jeanne
Tu vois qu'il faut leur donner une âme à ces gens-là, une foi, quelque chose de simple. Il y a justement dans ta capitainerie une petite à qui saint Michel est apparu et aussi sainte Catherine et sainte Marguerite, à ce qu'elle dit. Je t'arrête. Je sais ce que tu vas me dire : tu n'y crois pas. Mais tu passes là dessus, provisoirement. - C'est là que tu es vrailment extraordinaire. Tu te dis : c'est une petite bergère de rien du tout, bon ! Mais supposons qu'elle ait Dieu avec elle ou non, c'est pile ou face. On ne peut pas le prouver, mais on ne peut pas non plus prouver le contraire... Or, elle est parvenue jusqu'à moi, malgré moi, et il y a déjà une demi-heure que je l'écoute - ça, tu ne le discutes pas, c'est un fait. Tu constates. Alors, tout d'un coup, il y a ton idée, ton idée qui commence à te venir. Tu te dis : puisqu'elle m'a convaincu, moi, pourquoi ne convaincrait-elle pas le dauphin et Dunois et l'Archevêque ? Ce sont des hommes comme moi après tout - et (entre nous) plutôt moins intelligents que moi. Pourquoi ne convaincrait-elle pas nos soldats que, tout bien pesé, les Anglais, ils sont exactement faits comme eux, moitié courage et moitié envie de sauver sa peau et qu'il suffirait de leur taper fort dessus, et au bon moment, pour les faire décaniller d'Orléans ? De quoi ont-ils besoin, nos gars, après tout - que tu dis en ce moment même, avec ta tête qui voit plus clair que celle des autres - d'un étendard, de quelqu'un qui galvanise leurs énergies, qui leur prouve que Dieu est avec eux. Alors, c'est là que tu es admirable, tout d'un coup.
Beaudicourt, piteux
Tu crois ?
Jeanne
Admirable ! c'est moi qui te le dis, Robert, mais je ne serai pas la seule. Tu verras dans quelques temps, tout le monde sera de cet avis - et réaliste, comme tous les grands politiques. Tu te dis : moi, Beaudicourt, je ne suis pas tellement sûr qu'elle soit l'envoyée de Dieu. Mais je fais semblant de le croire, je la leur envoie, moi, envoyée de Dieu ou pas, et si eux ils le croient, cela reviendra au même. J'ai justement mon courrier pour Bourges qui doit partir demain matin...
Beaudicourt, sidéré.
Qui t'as dit ça ? C'est secret.
Jeanne
Je me suis renseignée.
Elle continue :
Je prends six solides garçons pour l'escorte, je lui donne un cheval et j'expédie la petite avec le courrier. A Chinon, telle que je la connais, elle se débrouillera.
Elle le regarde avec admiration .
Hé bien, tu sais, Robert !
Beaudicourt
Quoi ?
Jeanne
Tu es rudemment intelligent pour avoir pensé tout ça.
Beaudicourt, s'éponge le front, épuisé
Oui. _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
Dernière édition par Luciole le Lun 24 Mar - 17:03, édité 1 fois |
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 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Lun 24 Mar - 16:56 | |
| 2 500 000 heures de reprises Histoire de la Société d'Equitation de Paris ~ Paul Poursin de Lonchamp ~ Présentation de l'éditeur De la création de cette association sportive en plein Paris, pendant la Seconde Guerre mondiale, à la fin du XXe siècle au Bois de Boulogne, Paul Poursin de Lonchamp égrène les grandes heures de la SEP. On y croise des célébrités (le général Decarpentry, MMS. Borotra, vainqueur de la Coupe Davis et ancien ministre, Herzog, vainqueur de l'Annapurna, François Nourrissier, Michel Piccoli, Laurent Fabius…) et des chevaux hors du commun, par leur talent ou leur dévouement. Ce livre est un témoignage unique de la pratique de l’équitation depuis la guerre, tout en composant une fresque intimiste de la vie d’un club hippique, avec ses tracas et ses succès. En creux, on y trouve le portrait d’un homme, Paul de Lonchamp, cavalier remarquable et pédagogue hors pair, qui a su faire aimer les chevaux et l’équitation à un nombre impressionnant de jeunes et moins jeunes.
L'auteur vu par l'éditeur Paul Poursin de Lonchamp est Ecuyer professeur depuis 1956. Aujourd’hui à la retraite, il a enseigné à la société d’Equitation de Paris pendant près de quarante ans. Médaille d’argent de l’Education physique et du sport, Commissaire de piste national et Officier du Mérite agricole, il a consacré sa vie aux chevaux, en menant plusieurs jusqu’au plus haut niveau de dressage ; tout en formant des milliers de cavaliers sont certains deviendront célèbres, notamment Bartabas, le fondateur de Zingaro.
« Les quelque 25000 élèves à qui je me suis efforcé de transmettre ce que je savais de l’équitation m’ont donné bien des joies... et quelques angoisses. J’ai toujours gardé en tête mes propres difficultés de débutant c’était en 1943 et n’ai jamais demandé un geste, un effet, une figure qui dépassassent les compétences de chacun. » Illustré par des photos d'époques (des différentes époques, en fait) et illustré surtout par les anecdotes de l'auteur, ce livre est vraiment vraiment chouette. De tous les gens nommés (et il y en a un paquet) je ne connaissais pas le quart, et n'en ai rien retenu. J'ai trouvé mon intérêt ailleurs, dans la foi que l'auteur a gardé en sa vocation et sa vie, dans les témoignages d'ouverture touchants de Bartabas et François Nourrissier. Vraiment chouette, pour ne pas me répéter. _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Dim 20 Avr - 17:32 | |
| Into the wild Voyage au bout de la solitude ~ Jon Krakauer ~ Il avait renoncé au rêve américain. Pour vivre une aventure extrême. En 1992, le cadavre d'un jeune homme est découvert dans un bus abandonné en Alaska, au pied du mont Mckinley, loin de tout lieu habité. Fils de bonne famille, Chris McCandless aurait dû en toute logique devenir un américain bien tranquille à l'avenir sans surprise. Mais, dès l'obtention de son diplôme universitaire, il décide de partir à l'aventure. Après avoir fait don de ses économies à une œuvre humanitaire, il entame son périple sous un nom d'emprunt avec sa vieille voiture, qu'il abandonnera un peu plus tard. Il sillonne le sud des Etats-Unis, subsistant grâce à de menus travaux, avant de réaliser son grand projet: s'installer au cœur de l'Alaska, seul, en communion avec la nature. Mais on ne s'improvise pas trappeur, ni homme des bois... Ce parcours dramatique d'un jeune homme qui a voulu vivre jusqu'au bout son impossible idéal est retracé par Jon Krakauer, l'auteur du best-seller tragédie à l'Everest. Livre-culte dans le monde entier, Into the Wild a d'emblée fasciné Sean Penn, qui en a réalisé une adaptation cinématographique applaudie par la critique américaine.Avantages du livre : les détails, les histoires semblables, la subjectivité. Avantages du film : Plus liant, un style moins haché, la subjectivité. Ou comment on se rend compte que l'envie de Partir, que l'on trouve trop culpabilisante pour être réalisable, a été réalisée par d'innombrables personnes. C'est donc Jon Krakauer qui nous parle de ce garçon, et des autres personnes qui ont tout laissé pour voyager, avant et après lui. Il s'est retrouvé à s'y intéresser parce qu'on lui avait confié un article sur le sujet. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il s'est impliqué dans sa rédaction, il a mené une vraie enquête, revoyant les gens qu'Alex a croisé, examinant chaque détail, jusqu'aux racines... Mais c'est pesant. La lecture. Extrèmement intéressant, on parvient toujours à suivre, mais pas en souplesse. Du coup j'ai limite préféré le film à son inspiration, et c'est assez rare pour le souligner. Pour ce qui est du sujet, ça reste nettement enthousiasmant. Malgré la tonne de fins tragiques qui nous sont racontées. On doit sûrement pouvoir considérer ça comme une mise en garde, des témoignages de cas particuliers et inconscients... Ce n'est pas mon cas. Je crois que beaucoup ont cette envie, et ce bouquin, et ce film, c'est juste tellement frustrant "Ah ah, tu vois, Lui il l'a fait ! Et puis tous ceux là aussi ! Rappelle moi pourquoi t'es encore là ?" Mais je sais pourquoi, alors ça va. J'en profite pour rêver, par empathie, aux glaces aux canyons et au vent. I love this comment, found on Amazon, de "mani julien" Mais la vraie question fondamentale que pose cette tragique et fantastique mort de McAndeless, c'est : qu'aurait-il fait s'il avait survécu ? S'il n'était pas mort en Alaska ?
Il serait revenu à notre civilisation, aurait retrouvé sa famille, pardonné, oeuvré à la réconciliation... Et après ?
Qu'aurait fait McAndeless ? Avocat ? Trader ? Surement pas. Travailler dans le social, se résigner à soigner les plaies du système, goutte d'eau dans un océan de souffrances ? Il se serait résigné... Politique ? Un radical de gauche ? Un révolutionnaire ? Peut etre... Mais dans quel parti ? Un religieux ? Il serait devenu pratiquant et aurait fait voeu de charité ? Forme de résignation également...
Dis, Mc Andeless, qu'auras tu fait si tu étais revenu parmi nous ? Dis, McAndeless, que doit-on faire ? McCandless n'était pas un bon nageur et il avait avoué à plusieurs personnes qu'il avait peur de l'eau. Tenter de traverser à la nage ce torrent dont l'eau froide l'aurait engourdi et même passer sur un radeau improvisé lui paraissait trop risqué. Un peu en aval de l'endroit où la piste croise la rivière, la Teklanika, franchissant une gorge étroite, se transforme en un chaos d'eau bouillonante. Il écrit dans son journal : "Trempé par la pluie. La rivière paraît impossible. Seul, effrayé." Il pensait, à juste raison, qu'il serait emporté par le courant et noyé s'il tentait de traverser la Teklanika à cet endroit et dans ces conditions. Ce serait suicidaire. Inutile de l'envisager. S'il avait remonté la rivière sur 1,5 kilomètres, il aurait découvert qu'elle s'élargit pour se diviser en un dédale de bras entrelacés. S'il les avait explorés soigneusement en effectuant ici et là des essais, il aurait trouvé un gué où traverser en n'ayant de l'eau que jusqu'à la poitrine. Avec le courant, il aurait certainemeent été déséquilibré, mais, en nageant comme un chien et en se traînant au fond du lit, on peut penser qu'il aurait pu réussir à traverser avant d'être emporté dans la gorge ou de succomber à une hypothermie. Mais enfin, cela aurait comporté beaucoup de risques et, dans la situation où il se trouvait, il n'avait aucune raison de les prendre. Il s'était plutôt bien débrouillé jusque là. Il comprenait que, s'il avait la patience d'attendre, la rivière finirait par baisser jusqu'au niveau où il serait possible de la passer à gué. Après avoir bien pesé les différentes possibilités, il choisit la solution la plus prudente. Il fit demi-tour et reprit sa marche vers l'ouest, vers l'autobus et vers le coeur inconstant de la forêt. _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Dim 20 Avr - 18:07 | |
| Le voyageur sans bagages ~ Jean Anouilh ~ Je ne suis pas Jacques Renaud ; je ne reconnais rien ici de ce qui a été à lui. Un moment, oui, en vous écoutant parler, je me suis confondu avec lui. Je vous demande pardon. Mais, voyez-vous pour un homme sans mémoire, un passé tout entier, c'est trop lourd à endosser en une seule fois. Si vous voulez me faire plaisir, pas seulement me faire plaisir, me faire du bien, vous me permettriez de retourner à l'asile. Je plantais des salades, je cirais les parquets. Les jours passaient... Mais même au bout de dix-huit ans - une autre moitié exactement de ma vie - ils n'étaient pas parvenus, en s'ajoutant les uns aux autres, à faire cette chose dévorante que vous appelez un passé.Après la 1ère guerre mondiale, nombre familles attendent toujours le retour des leurs. Gaston est un jeune homme enfermé à l'asile depuis la fin de la guerre, parce qu'il est amnésique. Une âme charitable (trop) décide de lui retrouver une famille, sa famille pourquoi pas (cela passe après le fait qu'elle la jugera correcte), et le trimballe d'un entretien à l'autre pour tenter de le faire réagir et reconnaître enfin ses parents. Ils arrivent là dans une famille "tout à fait comme il faut", les Renaud, et il semble y avoir des indices probants qu'il soit Jacques Renaud, un des enfants. Mais le passé est une lourde cape à reprendre. Vraiment vraiment bien, cette pièce. A lire !  _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Dim 20 Avr - 19:34 | |
| Le bal des voleurs ~ Jean Anouilh ~  Existe en doublet avec la pièce précédante Moins intéressante, prévue surtout pour être distrayante. Et ça se lit comme ça, avec le sourire et de bonnes surprises dans quelques coins ^__^ Quand à l'histoire, c'est intrigues d'amour et amours intriguants, techniques et babillages charmants. >>
Eva
Le prince Hector me poursuit en changeant de moustaches dans l'espoir de retrouver l'aspect sosu lesquel il m'avait plu.
Ladu Hurf
Vraiment plu ?
Eva, sourit
Je ne sais plus.
Lady Hurf
Ce sont d'étranges personnages.
Eva
Pourquoi ?
Lady Hurf
Pour rien. Je te l'ai dit, je suis une vieille carcasse qui s'ennuie. J'ai eu tout ce qu'une femme peut raisonnablement et même déraisonnablement souhaiter. L'argent, la puissance, les amants. Maintenant que je suis vieille, je me retrouve autour de mes os aussi seule que lorsque j'étais une petite fille qu'on faisait tourner en pénitence contre le mur. Et ce qui est plus grave, je me rends compte qu'entre cette petite fille et cette vieille femme il n'y a eu, avec beaucoup de bruit, qu'une solitude pire encore.
Eva
Je vous croyais heureuse.
Lady Hurf
Tu n'as pas de bons yeux. Je joue un rôle. Je le fais bien comme tout ce que je fais, voilà tout. Toi, tu joues mal le tien !
Elle lui caresse les cheveux Petite fille, petite fille, vous serez toujours poursuivie par des désirs qui changeront de barbe sans que vous osiez jamais leur dire d'en garder une pour les aimer. Surtout ne vous croyez pas une martyre ! Toutes les femmes sont pareilles. Ma petite Juliette, elle, sera sauvée parce qu'elle est romanesque et simple. C'est une grâce qui n'est pas donnée à toutes.
Eva
Il y en a qui aiment.
Lady Hurf
Oui, il y en a qui aiment un homme. Qui le tuent d'amour, qui se tuent pour lui. Mais elles sont très rarement millionnaires.
Elle lui caresse les cheveux encore, avec une mélancolie souriante. Va, tu finiras comme moi, sous les traits d'une vieille femme couverte de diamants, qui joue aux intrigues pour oublier qu'elle n'a pas vécu. Et encore... Je voudrai rire un peu. Je joue avec le feu et le feu ne veut même pas me brûler.
Eva
Que voulez-vous dire, ma tante ?
Lady Hurf
Chut ! Voici nos marionettes. _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Jeu 5 Juin - 11:05 | |
| La fascination du pire ~ Florian Zeller ~ Un jeune écrivain est invité par l'ambassade de France au Caire pour donner une conférence. Une proposition qui prend une autre dimension à la lecture des lettres égyptiennes de Flaubert : "J'ai baisé des filles de Nubie qui avaient des colliers de piastres d'or leur descendant jusque sur les cuisses, et qui portaient sur leur ventre noir des ceintures de perles de couleur." L'Égypte d'aujourd'hui ressemble-t-elle à l'Orient de Flaubert ? La sensualité orientale se dévoile-t-elle toujours dans les bas-fonds du Caire ? Comment conjuguer islam et sexualité ? Voilà ce que va essayer de découvrir le narrateur de ce livre contemporain, où les rumeurs du monde d'aujourd'hui croisent les fantômes des voyageurs littéraires d'autrefois. L'occasion de réfléchir sur la frustration sexuelle de l'Orient comme de l'Occident... Un troisième roman aussi polémique que percutant._____________________________ Il l'est pas hein, percutant ni polémique. Il aimerait bien, je crois mais n'atteint pas ça. Vite lu, probablement vite oublié. Jeune auteur, avis mitigé des lecteurs, je suis tombée sur une critique assez acerbe en zonant sur le net. Mais les gens sont généralement peu cléments ^^ C'est intéressant comme style, très commun avec quelques phrases un peu plus envolées, qui se retrouvent à cotoyer des "mais bon" qui m'ont choqué. Ca rend moche, dans un bouquin, trouvé-je. Un ton très quotidien et actuel, donc, dans les formules en tout cas, dans le genre blasé mais qui cherche quand même à s'intéresser aux choses. ______________________________ Début du roman : Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. Il faisait encore nuit, et je n'avais pratiquement pas dormi. J'aurai du me coucher plus tôt la veille, me suis-je dit. Mais ce n'était pas mon genre. Et puis je pourrai toujours dormir dans l'avion. Je me suis levé pour aller boire un café. J'ai regardé par la fenêtre de la cuisine. Il était cinq heures, mais Paris ne s'était pas encore éveillé. Jeanne non plus. Une fois habillé je suis allé la regarder dormir. Je ne sais pas pourquoi, je l'ai toujours trouvée plus belle le matin. Son corps comme un refuge contre le froid de l'aube. Je lui ai écrit un mot pour lui dire qu'elle me manquerait. C'est parfois très long, une semaine. Et puis j'avais peur de ne plus jamais la revoir. C'est ridicule, j'en conviens, mais c'est ainsi : depuis la mort de mes parents, je ne pouvais plus ignorer que tout pouvait arriver à tout moment. Je dirai même que, d'une certaine façon, je guettais sans relâche ma propre mort. En lui disant qu'elle me manquerait, il me semble que je cherchais en réalité à lui dire adieu. J'étais un peu ému en fait, mais d'une façon excessive et déplaisante. Ca ne me réussissait pas de me réveiller si tôt. Après tout, ce n'était qu'un voyage de quelques jours. J'ai jeté le mot à la poubelle après l'avoir déchiré, et j'ai fermé ma valise. ____________________________________ [J'ai du zapper un ou deux bouquins que j'ai lu, mais comme ils sont rangés parmi les autres maintenant, je ne sais plus lesquels, alors tant pis.] _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Jeu 5 Juin - 11:44 | |
| Les quatre coins du monde ~ Jean-Baptiste Baronian ~J'ai pas trouvé de résumé tout fait, mais par contre amazon dit qu'il a écrit des tas de trucs divers et variés, ce monsieur ! Genre pas mal de livres pour enfants, et d'autres sur les univers un peu plus fantastiques... C'est marrant, en lisant ce roman, j'aurai pas pensé du tout le retrouver dans ces autres univers. Quel est le mal qui accable Ludo ? Est-il atteint d'une maladie incurable ou souffre-t-il simplement d'être un vulgaire buraliste qui répète chaque jour les mêmes gestes lamentables ? Dans son petit monde, tout est sombre, tout semble voué à l'échec. Et Ludo n'hésite pas à considérer que Marthe, sa femme, pourrait être la cause de sa désolation, Marthe qui met tout en oeuvre, avec la complicité de sa mère, pour acheter une maison en banlieue, affirmation de son pouvoir et de sa réussite. Ludo, de plus en plus "englué", laisse faire... Et voici que trois de ses amis, trois anciens joueurs de poker, refont surface. Dès ce moment, les choses prennent un autre tour : c'est le début d'un étrange suspense où les évenements se succèdent avec une bouleversante rapidité, jusqu'à ce que se noue (peut-être une fois pour toutes le destin de Ludo. Les quatre coins du monde est une oeuvre troublante, à la frontière incertaine de la réalité et de l'imaginaire. Plus que dans tous ses autres romans, J.B. Baronian y dépeint l'univers du quotidien, mais il y apporte ici une dimension supplémentaire : celle qui, sans exclure la tendresse, peut susciter la haine et la pitié. ________________________________ C'est pas bien gai, du coup hein. Même franchement pas. Le pauvre Ludo finit quand même affalé dans son magasin à bouffer des clopes. (Si si, les manger, pas les fumer, il fume pas lui) Peu d'espoir, toujours septique sur ce peu, avec cette sensation d'être le seul à le chercher, à en avoir besoin à en crever. Des échos. S'accrocher à quelque chose qu'on sait trop fragile, mais parce que c'est la seule chose qui nuance le noir. J'ai bien aimé ce livre. ________________________________ Un long moment, Ludo regarda le boulevard, dans la direction où Albert était parti. Il eut l'idée qu'il était allé rejoindre Antoine Dubeux, peut-être également Germain, ainsi qu'un quatrième, un être anonyme, un usurpateur, quelqu'un qui venait de Dieu sait où et qui aurait pris insidieusement sa place. Et s'ils se réunissaient ainsi depuis des années ?Et si cette mémorable partie en plain air, au pied de la statue de la place Rouppe, n'avait pas été la dernière ? Et si, le lendemain, Albert, Germain et Antoine s'étaient retrouvés à son insu chez un zigue quelconque ? Et si Germain ne s'était pas expatrié en Afrique, avait tout simplement prétexté cet interminable voyage pour se séparer de lui, l'exclure à jamais de leur tablée ? Un coup monté. Une machination. Et j'y ai cru, et j'ai marché comme un enfant, et je me suis précipité, à l'aveuglette, désespéré, dans les bras de Marthe... Qu'est ce qui se passe ? Qu'est ce que j'invente ? Où es-tu allé Albert ? Que faites-vous ? Germain, Antoine... Il recula. L'odeur de choux de bruxelles devenait plus forte, plus écoeurante. Quelqu'un traversait le boulevard, venait droit sur lui. Germain. C'est toi, Germain ? Il s'aperçut qu'il était incapable de se représenter les traits de son ancien compagnon. Ce n'était qu'un visage flou, inexistant. Il regagna le comptoir. La paranthèse était fermée. Tabac, nicotine, choux de Bruxelles : des senteurs hostiles et ronronnantes. Tout à l'heure, quand il serait certain d'être seul dans sa boutique, il essayerait de nouveau de les chasser. A mains nues. D'en attraper une, une petite un peu plus étourdie que les autres qu'il réussirait à coincer par surprise. Il la tuerait. Il lui ferait aboninablement mal. _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Ven 6 Juin - 22:24 | |
| Love, etc. ~ Julian Barnes ~ Stuart et Oliver sont de vieux amis et, même s'ils diffèrent sur certains points (cette manie de la précision et ce goût des dictionnaires qu'a Oliver !), ils partagent beaucoup de choses à commencer par la même femme, Gillian. Enfin, affirmer qu'ils la partagent est peut-être exagéré, il serait plus juste de dire qu'ils se la disputent. Une classique histoire de trio amoureux ? Pas vraiment, car Julian Barnes, au lieu de confier le récit à un narrateur omniscient a choisi de donner la parole à chacun des protagonistes qui, conformément à un proverbe russe placé en exergue du roman, "ment comme un témoin oculaire". Il en résulte un enchevêtrement de rancoeurs, de mensonges, de remords, de culpabilité qui transforment le marivaudage en une véritable analyse chirurgicale des sentiments, sans que l'auteur renonce jamais à son humour très britannique. Marrant ^^ Entrée en matière surprenante par le récit d'un débat sur une formule anglaise "His, his ou her, their" (c'est le titre du premier chapitre), presque rébarbative, mais on arrive vite à aborder le reste. Récit à plusieurs voix donc, d'où interprétation différentes des mêmes évènements, et une vision assez complète des pensées de chaque personnage. Ca m'a rappelé un autre roman, pas dans le même style mais utilisant la même méthode de récit : Un turbulent silence. Il était franc bien, ce livre, d'ailleurs, faudra que je le retrouve ou le rachète. Bref, Pour l'histoire, elle est fort simple dans les faits, mais on se perd dans les justifications, explications, recherches des personnages. Style vraiment agréable à lire, ça reste juste "sympa" mais c'est déjà bien ^^ Oliver est l'amoureux transi de la femme (Gillian) de son meilleur ami, Stuart. Et dans cet extrait ils ne sont pas encore passés à l'acte mais se voient souvent, elle bossant sur de la restauration de tableaux et lui la regardant. Oliver. Il y a ce peigne dont elle se sert. Ce peigne aux tendres mutilations. Quand elle travaille, la première chose qu'elle fait est de tirer ses cheveux en arrière. Elle a un petit peigne qu'elle laisse en permanence sur le tabouret où est posée la radio. Elle prend ce peigne et s'en sert pour faire passer ses cheveux par-dessus ses oreilles, d'abord à gauche, ensuite à droite, et toujours dans cet ordre ; après quoi, quand elle a fini de les tirer en arrière de chaque côté de son visage, elle les pince dans un clip en écaille de tortue juste derrière l'oreille. Parfois, tandis qu'elle travaille, une mèche ou deux s'échappent et alors, sans se déconcerter le moins du monde, elle s'empare instinctivement du peidge , enlève le clip, tire ses cheveux en arrière, remet le clip et repose le peigne sur le tabouret, tout cela sans détourner ses yeux du tableau. Il manque quelques dents à ce peigne. Non, soyons précis. Il lui manque quinze dents. Je les ai comptées. Ah ! Ce peigne, aux tendres mutilations !
[...]
Gillian. Aujourd'hui, il m'a touchée. Ô mon Dieu, ne me dites pas que ça a commencé. Est-ce que, vraiment, ça a commencé ? Remarquez que ce n'est pas la première fois que nous nous touchons. Il m'est arrivé de le prendre par le bras, d'ébouriffer ses cheveux, on s'est embrassés, on s'est bécotés sur les joues, enfin bref le rituel entre amis. Et aujourd'hui ce n'a vraiment été rien. Rien à côté des fois précédentes. Et, pourtant, tellement plus ! J'étais installée devant mon chevalet. Mes cheveux se sont dénoués. J'ai étendu la main pour prendre le peigne qui est toujours sur le tabouret. "Ne bouge pas", a-t-il dit d'une voix très calme. J'ai poursuivi mon travail. Je l'ai senti qui s'approchait de moi. Il a retiré mon clip, mes cheveux se sont défaits, il les a repeignés derrière mon oreille, puis il a remis le clip en place, l'a refermé avec un léger accompagnement de cliquetis, a remis le peigne sur le tabouret et est reparti s'assoeir. C'est tout, rien de plus. Par chance j'étais engagée dans une phase d'attention soutenue. J'ai donc continué automatiquement sur ma lancée pendant une minute ou deux. Après quoi il a dit : "J'aime ce peigne." Ce n'est pas juste.  _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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Nombre de messages: 2218 Où je traîne: lune Date d'inscription: 05/10/2004
 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Dim 8 Juin - 10:17 | |
| Le voyage clandestin ~ Loic Barrière ~ Adel, vingt ans, veut échapper à la pauvreté d'Alger. Etre docker comme son père, il n'en est pas question. Commence l'errance à Paris après un périlleux voyage. De petits boulots en petits boulots, il se découvre "clandestin", coupable, pourchassé... Un banal contrôle de police fait basculer sa vie. Emprisonné, il plonge dans le désespoir des autres, échoués là pour avoir, eux aussi, tenté d'échapper à la misère. Le voyage clandestin, c'est la vérité de tous les clandestins, sans concessions, sans apitoiement.  Mhh, mauvais résumé. Ptêtre adapté à un lectorat plus jeune. C'est bien écrit, c'est bien pensé, ça reste un peu trop à la surface des choses. Sans verser dans l'apitoiement il aurait été possible peut-être de développer un peu plus chaque situation, chaque état. Encore une fois, ça ferait un très bon livre jeunesse, à croire que la bibli s'est gourée en le classant dans le rayon adultes. Après le dîner, le vieux Mansour, Kader et Warda restèrent silencieux, comme plongés dans leurs propres douleurs. Ils évitaient de croiser le regard d'Adel, cherchant à se faire oublier. Même Mansour s'arrangea pour ne pas ronfler et ne pas tousser. Le silence était total. Exceptionnellement - c'était une coïncidence sans doute - tous les prisonniers avaient baissé le son de leur radio. Couché sur le côté, Adel gardait les yeux ouverts. L'hiver était doux. Il respirait le vent qui s'insinuait dans la pièce par la fenêtre ouverte. Adel avait réussi à faire le vide dans sa tête. Il ne pensait plus à l'absente. Ni à son avenir ni à cette prison. Il flottait quelque part, entre ciel et terre. Mais ce voyage ne dura qu'un instant. Le vent avait apporté la plainte lointaine d'une flûte. C'était comme le son du nay qu'il avait déjà entendu jouer dans la Casbah d'Alger. L'instrument appartenait-il à un prisonnier ? Ou était-ce le son de la radio ? Adel préféra imaginer qu'un musicien, libre, soufflait dans un bout de roseau, hors de la prison, dans la forêt peut-être. Le vent bruissait dans les branches. Il respirait le parfum de la terre et des pins. Il ne savait plus s'il était extrèmement malheureux ou extrèmement heureux. Respirer, écouter, c'était tout ce qu'il pouvait faire. Des mots traversaient son esprit, comme des poèmes instantanés, morts aussitôt nés. Le joueur improvisait un air qui lui était inconnu. Mais cet air là semblait nécessaire à la bonne marche du monde. Sans cette mélodie, Adel le savait, le soleil ne se serait jamais plus levé. _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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|  | | Luciole Ange des chemins à l'abricot

Nombre de messages: 2218 Où je traîne: lune Date d'inscription: 05/10/2004
 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Dim 8 Juin - 11:58 | |
| L'enfant qui devint fou d'amour (suivi de 'Pauvre laid !' ) ~ Eduardo Barrios ~ Une perle, ce livre. L’enfant qui devint fou d’amour est le journal intime d’un enfant que sa passion pour une femme, la belle Angélica, mène à la folie.
Publié en 1915, ce court roman, d’une rare sensibilité et d’une grande tendresse, décrit de façon implacable les étapes de la démence qui s’empare de cet enfant : les insomnies, l’apathie, la douleur physique, les hallucinations et l’hystérie.
L’enfant qui devint fou d’amour est un livre culte au Chili : de génération en génération, les Chiliens chantent l’histoire de l’enfant qui se meurt d’amour.
On retrouve l’univers de Barrios dans Pauvre laid, la chronique épistolaire - plus amère que douce - des amours impossibles d’un jeune homme disgracieux.
Eduardo Barrios Eduardo Barrios (1884-1963), prix National de littérature en 1946, est considéré comme l’un des maîtres du roman naturaliste latinoaméricain. C'est poignant, beau, magnifique. A lire. L'introduction au journal du petit : Avez-vous entendu un oiseau chanter dans la nuit ? Il suffit d'un rayon de lune, un rayon légèrement doré, qui se faufile, se faufile à travers le mystère du feuillage, atteint la branche où se pelotonne le petit oiseau endormi, et le réveille. Ce n'est pas l'aube, comme il se l'imagine. Mais... il chante. Alors, s'il s'agit de ce qu'on appelle un petit oiseau équilibré et fort, il découvre son erreur, replonge son bec dans la moiteur de ses plumes et se rendort. Mais il y a aussi des petits oiseaux inquiets et fragiles, pour qui le rayon de lune a le pouvoir d'un sortilège. Et après avoir chanté, ils s'élancent, tout étourdis, et s'envolent... Seulement, comme ce n'est pas le jour qui se lève, ils se perdent aussitôt dans l'obscurité, ou ils se noient dans un étang éclairé par le rayon d'or pâle, ou ils se déchirent la poitrine aux épines du rosier fleuri qui, quelques heures plus tard, aurait pu écouter leurs trilles les plus belles et enflammer leurs joies les plus folles. Quel est ce rayon empoisonné qui réveille certaines âmes dans la nuit, leur ravit le lever du jour et les ensevelit dans une existence de ténèbres ? Je vais vous raconter le secret d'un enfant que l'amour rendit fou. Nul à part moi - pas même sa mère, devenue aujourd'hui son esclave - n'a jamais connu le secret de la folie de cet enfant. Je ne vous révèle pas encore comment son cahier douloureux et naïf est tombé entre mes mains. Je vous dirai seulement que je le publie aujourd'hui parce qu'il ne peut plus blesser personne. Pendant de longues années, j'ai tu jalousement le secret de cete enfant, de cet oiseau qui chanta dans la nuit et n'eut pas de matin. Le hasard me l'a livré et je l'ai gardé avec respect, ce repect que mérite un enfant sentimental et malheureux, une victime du rayon empoisonné qui met de la lumière dans les coeurs avant que le temps n'en soit venu et les précipite au fond de ce gouffre noir qui les appelle, le gouffre doux et terrible de l'Amour. _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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|  | | Luciole Ange des chemins à l'abricot

Nombre de messages: 2218 Où je traîne: lune Date d'inscription: 05/10/2004
 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Dim 8 Juin - 16:42 | |
| Je te retrouverai ~ john Irving ~ Acheté il y a longtemps, en passant à la caisse à la Fnac, il était là. Gros (1000 pages), avec un titre sympa, et de Irving. 3 bonnes raisons de l'acheter. Par contre, il est resté au bas de la pile des "à lire" pendant quelques mois, juste au-dessus de la biographie de Kessel, néanmoins. Présentation de l'éditeur Seuls depuis la fuite de William, un organiste qui collectionne les conquêtes féminines et les tatouages, Alice et son fils partent pour l'Amérique. L'enfant grandit entre filles à matelots, chastes institutrices et imprésarios douteux. A vingt ans, Jack Burns brille au firmament de Hollywood et collectionne les femmes. Pour autant, rien ne remplace jamais le regard d'un père... Biographie de l'auteur Né en 1942, John Irving a longtemps hésité entre devenir lutteur ou écrivain. Scénariste, il est surtout mondialement reconnu pour ses romans, disponibles en Points, dont Le Monde selon Garp, Une veuve de papier, La Quatrième Main et L'Épopée du buveur d'eau. Bon, et je suis d'accord avec les commentaires rencontrés sur amazon, c'est loin d'être aussi bon que les autres que j'ai pu lire, vraiment. J'ai mis la moitié du livre à être sûre de pas le laisser en route, et la moitié d'un gros livre ça semble long. C'est une sorte de récit de l'éducation sexuelle du personnage principal, Jack, ce qui pourrait ne pas être si lourd, mais si. Et pour la suite, qui s'arrange, ça n'en reste pas moins assez laborieux, pour mener à une fin assez bateau, surtout quand on a déjà lu d'autres romans en apothéoses. Bref, déçue, reste que je vais aller chercher les anciens, mais là non, c'est pas la peine de vous atteler à la tâche.  _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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|  | | Luciole Ange des chemins à l'abricot

Nombre de messages: 2218 Où je traîne: lune Date d'inscription: 05/10/2004
 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Dim 8 Juin - 21:28 | |
| Le voyageur imprudent ~ René Barjavel ~ Wow. Un classique dont je n'avais pas la référence, un-qu'il-faut-avoir-lu dont je n'avais pas entendu parler. Et je plussoie. C'est un condensé d'idée poussées dans leurs retranchements, approfondies à fond ou pas mais toujours avec l'oeil vif, et l'écriture précise et facile à suivre que j'avais déjà repérée dans "L'enchanteur". En entamant la lecture cette précision semble limite sévère, genre : hé, il va falloir vous concentrer un rien, là" Mais on le fait de bonne grace. On débarque au milieu de la seconde guerre mondiale, neige, glace, sang et suie. Pour se laisser tomber dans un couloir de chaleur vers une aventure temporelle sans que la transition ne se fasse regretter, puisque tout est décrit aussi bien, la guerre que les explorations du passé et du futur (sordide) Donc, génial, à lire. - Oui, dit-il, d'une voix ferme je veux, je dois trouver une substance qui nous rende perméables les murs de notre temps de vie. Je sais que je trouverai, mias il me faudra travailler longtemps encore. Combien de temps ? Peu importe, je dispose de l'éternité. Je peux recommencer indéfiniment la même journée, y faire tenir un siècle. De toute façon, je vous ai choisi pour m'assister dans les explorations que je comptes entreprendre lorsque j'aurai réussi. Je ne vous demande pas votre réponse, je la connais .Votre intelligence, votre formation scientifique, soeurs des miennes, me permettent d'espérer beaucoup de votre collaboration. C'est déjà grâce à vos articles que j'ai pu faire aboutir mes précédents travaux, qui sans cela eussent piétiné. Désormais, c'est sur votre personne que je compte. Voici ce que j'ai décidé. Il se redressa dans son fauteuil. Sa barbe coula comme un fleuve. Son regard était empreint d'une gravité et d'une noblesse qui ne permirent pas à Saint-Menoux d'élever la moindre objection. - Vous ne devez pas vous soustraire au devoir envers la Patrie. Vous allez reprendre votre peau de soldat, repartir dans la nuit et le froid. Vous allez faire la guerre. Sachez que vous en sortirez indemne. D'ailleurs la noëlite vous permettra de la traverser si vite que vous ne la connaîtrez que par le souvenir. "Je vais vous donner deux pilules d'un an. Prenez les à la fois... C'est dans deux ans seulement que vous vous trouverez stabilisé à Paris. Je vous y rejoindrai. Pendant que vous ferez la guerre-éclair, j'aurai vécu dix, cent, mille ans, tout le temps nécessaire à l'aboutissement de mes recherches. Allez, mon petit, rhabillez vous, c'est le moment de nous quitter, et de nous retrouver."  _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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|  | | Mokkimy Feu follet

Nombre de messages: 163 Où je traîne: Euh, suis jamais bien loin des danseurs ^^ Date d'inscription: 07/10/2004
 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Lun 9 Juin - 0:14 | |
| Barjavel, c'est sympa. Il a fait un remake de l'âge de glace, aussi, je crois. " La nuit des temps ", quelque chose comme cela. La flemme de présenter vraiment, sinon, mais j'ai lu dernièrement " Ni d'ève ni d'adam ", de Nothomb. Pour un résumé bref, en même temps que son périple dans l'administration nippone, romancée dans stupeur et tremblement, elle découvre la joie du petit ami japonais. J'ai pas d'extrait, rendu le bouquin, mais il était plutôt bien écrit. Nothomb n'est pas spécialement une auteur que j'aime, je la déprécie plutôt et n'ai lu son livre que parce que c'est un des "livres qu'il faut avoir lu quand on étudie le Japon." et que tout le monde m'en parle, dès que j'annonce mon cursus scolaire. Au moins, comme ça, je saurais en parler. Je l'ai donc trouvé globalement mieux que Stupeur et tremblement. Moins maladroit, plus entrainant. Moins simple aussi, et plus intéressant, d'un point de vue culturel. Le narrateur me fait penser à une étudiante qui sortant tout frais du bac rentrerait pour la première fois dans un cour de ma fac. Elle détruit au cours du livre plusieurs de ses préjugés de départ, et c'est ce qui est intéressant. J'ai pas eu l'impression de perdre mon temps en lisant ce livre, c'est un chouette roman de gare bien comme il faut. _________________ Quand le tigre montre des dents, c'est parfois pour sourire, parfois non.
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|  | | Luciole Ange des chemins à l'abricot

Nombre de messages: 2218 Où je traîne: lune Date d'inscription: 05/10/2004
 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Jeu 12 Juin - 23:36 | |
| La nuit des temps ça paraît plausible, c'est le seul que ma mère ai lu de lui, on en a parlé l'autre fois. (Mais je l'ai pas lu moi) Sinon : Oedipe sur la route ~ Henry Bauchau ~ Déchu, aveugle, Oedipe a franchi les portes de Thèbes. Antigone aussitôt se met en chemin. Non loin se tient Clios le bandit, dont la cruauté est célèbre à travers l'Attique. Ainsi débute l'errance d'un demi-dieu maudit, de sa fille, de leur compagnon. Sans deviner quels sentiments les unissent - ignorant qu'ils progressent vers Colone où Oedipe entrera dans la légende - ces trois-là sont peu à peu livrés au plus énigmatique des destins. Roman d'aventures ? Oui, tant il est vrai qu'Henry Bauchau nous guide dans la nuit des temps et, au plus près de ses personnages, nous fait partager leurs épreuves. Mais le narrateur aborde bientôt d'insoupçonnés rivages, convoque les arts et les songes, la danse et la sculpture, la folie et la tendresse, le délire et le chant. Et c'est au bord des abîmes que sa méditation trouve ses plus profondes résonances.
Ce livre est un voyage intérieur dans lequel un homme affronte les ténèbres qu’il porte en lui jusqu’à atteindre la connaissance de soi. Dans cette quête mythologique, Henry Bauchau convoque le chant, la danse, le rêve et le délire comme moyens de libération de son héros. C’est par la sculpture d’une vague gigantesque, au flanc d’une falaise, symbole des épreuves déjà franchies ou à franchir, que cette errance trouve son expression la plus achevée et la plus visionnaire.
Œdipe sur la route - première partie du Cycle d’Antigone (Œdipe sur la route, Diotime et les lions, Antigone) - est avant tout une magnifique interrogation sur l’individu et son destin.____________________________________ Ah... C'est celui là qui faisait partie d'un cycle... Ok, bon à savoir. Lecture un peu studieuse mais pas trop, et bien assez intéressante et poétique pour le valoir.  Et donc, c'est bien. ^^ _____________________________________ début du livre : Les blessures des yeux d'Oedipe, qui ont saigné si longtemps, se cicatrisent. On ne voit plus couler sur ses joues ces larmes noires qui inspirent de l'effroi comme si elles provenaient de votre propre sang. L'incroyable désordre, qui a régné au palais après la mort de Jocaste, s'efface. Créon a rétablit les usages et le cérémonial mais chacun à Thèbes sent persister une dangereuse et secrète fêlure. Oedipe met longtemps, près d'un an, à comprendre. Si ses fils s'agitent et se querellent, si parfois une rumeur de détresse s'élève sourdement de la ville, Créon, qui détient le pouvoir, est patient, encore patient. Il sait qu'un jour Oedipe n'en pourra plus d'attendre. D'attendre quoi ? Oedipe, cette nuit là, ne voit plus en rêve, au-dessus de Corinthe, la grande mouette blanche dont l'image lui a permit jusqu'ici de supporter l'interminable écoulement des heures. Un aigle plane dans son ciel dont il masque ou dévoile les astres. D'un mouvement superbe, il plonge vers le sol. Quand il en est proche, il bat des ailes à grand bruit pour terroriser sa proie. Oedipe est cette proie. Il bondit, il échappe aux serres de l'aigle. Toutes ses forces en alerte, il s'éveille, prêt au combat. _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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|  | | Luciole Ange des chemins à l'abricot

Nombre de messages: 2218 Où je traîne: lune Date d'inscription: 05/10/2004
 | Sujet: Re: Il faut lire [quand vous aurez fini les premiers (3°)] Dim 15 Juin - 18:43 | |
| Derrière la porte ~ Giorgio Bassani ~ "J'ai souvent été malheureux, dans ma vie : enfant, adolescent, homme fait, j'ai souvent, comme on dit, touché le fond du désespoir. Et toutefois, dans mon souvenir, il y a peu d'époques aussi noires que les mois d'octobre 1929 à juin 1930, où j'étais en première année de lycée. Les années, depuis lors, ont passé en vain, au bout du compte : elles n'ont pas réussi à apaiser une douleur qui m'est restée, intacte, une blessure secrète, qui saigne en secret. Guérir ? M'en délivrer ? Je sais bien, désomrais, que c'est impossible. Si donc j'en parle maintenant, c'est dans le seul espoir de comprendre et de faire comprendre. Je ne suis en quête de rien d'autre."Je n'ai pas compris, moi. L'impression de passer à côté du livre, non seulement parce que j'ai eu du mal à le commencer vraiment, mais même après. Il y'a quelque chose de plus que ce que j'ai lu, je suppose, et ça me frustre de ne pas l'avoir découvert simplement. Il faut que j'y réfléchisse un peu. Mais ça n'a pas parlé à mon coeur ni à mon esprit en tout cas, pour faire dans les grande phrases. Pour l'histoire, c'est celle d'amitié factice et traitresse, d'une salle de classe et de sentiments. _________________ Nok toultèm nournoboun, toum linadon nournobounma Ne venez pas chercher grand chose sur mon ptit forum ^^
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